Contribution à l’histoire du design industriel en France

offre une précieuse synthèse du socle théorique et idéologique sur lequel les premiers designers industriels auront à défendre les savoir-faire et fondements éthiques de leur métier. Les apports historiques concernant les premières agences et la place du designer industriel dans l’entreprise confronté aux places prépondérantes de l’ingénieur et du spécialiste en marketing, sont nourris des grandes questions critiques qui animent les sciences sociales et le monde intellectuel dans cette époque d’émergence de la société de consommation.

Les informations en fin d’ouvrage sur les principales agences de design industriel pour la période, montrent une diversité des profils de nos designers pour une activité professionnelle qui peine encore à se structurer. La défense d’un « fonctionnalisme renouvelé » dans l’héritage de la Hochschule fürGestaltung (HfG) d’Ulm fournit au design français l’ancrage méthodologique dont il a besoin pour affirmer sa place dans l’entreprise. C’est sur le constat de cet héritage à l’aube des années 80 que se termine l’ouvrage. Un tournant s’amorce alors, qui devrait offrir aux historiens des pistes de recherche encore inexplorées.

De nouvelles approches sont apparues depuis quelques années qui remettent en question les histoires du design traditionnelles basées sur les valeurs occidentales de la modernité industrielle et étendent le champ de cette histoire dans le temps et l’espace, en s’inscrivant dans une tradition d’ouverture de la discipline aux Sciences Humaines et Sociales. En témoigne l’histoire mondiale du design de Victor Margolin parue en 2015 (World History of Design, Bloomsbury). Mais par ailleurs, certains auteurs soulignent une résurgence des approches nationales renouvelées par de nouveaux modèles d’écriture de l’histoire (Kjetil Fallan, Grace Lees-Maffei, Design Issues 2016, n°1). Le parti-pris de Claire Leymonerie de porter son regard sur le petit électroménager permet d’éclairer certaines spécificités de la position du design industriel en France et d’enrichir les apports bibliographiques auxquels elle se réfère dans cet ouvrage. Je pense que les questions autour des phénomènes de globalisation en histoire seront d’autant plus pertinentes qu’elles pourront effectivement se nourrir des singularités culturelles. A cet égard, en choisissant un terrain encore insuffisamment exploré du design industriel français, l’auteure apporte donc une importante contribution. On a souvent déploré la difficulté en France d’utiliser le mot design pour design industriel, avec diverses propositions de traduction à partir du moment où le terme d’esthétique industrielle ne paraissait plus satisfaisant. Cette difficulté serait le signe d’un retard de la structuration de la profession par rapport aux pays anglo-saxons. Mais les débats sémantiques peuvent être vus dans une autre perspective, celle d’un questionnement sur les valeurs attachées aux mots. C’est ce qui apparaît en filigrane au long de ce récit qui éclaire une position française au regard du concert général de la modernité industrielle.

Avantages

  • Le design produit crée la relation à la marque. Il rend tangible la stratégie de l'entreprise en présentant son savoir-faire et en véhiculant ses valeurs.

  • Le design produit est un atout compétitif. Il permet de différencier l'offre sur un marché ou de créer une nouvelle référence qui rend la solution attractive.

Précautions à prendre

  • Rester ouvert à l'innovation de rupture en début de projet pour permettre l'émergence de valeur-design avant d'orienter les choix. Une observation exclusive des limites connues peut réduire le champ des possibles.

  • Considérer le design produit comme une fonction de l'organisation à part entière, en termes d'apport (opératoire, technique et économique) et de capacité de décision. Une moindre connaissance de ce domaine peut limiter la confiance accordée à ses représentants (designers intégrés, agences de création).

  • Comment l'utiliser ?

  • Etapes

  • Le design produit permet de définir :

  • L'architecture générale du produit, la compréhension de ses fonctionnalités, son identité de marque.

  • Le volume et les sous-éléments le composant, l'équilibre des formes combinées pour constituer un ensemble cohérent.

  • Les surfaces engendrées par la topographie des volumes, leur traitement tel que les couleurs, matières et finitions visibles.

  • Les lignes courant sur les surfaces, ou encore celles définissant le partage des pièces, les points de fixation des éléments de capotage recouvrant les organes techniques, et tout autre détail fonctionnel apparent.

  •  

  • Si le design de produit s'applique naturellement à un projet en cours de développement, il peut également naître d'une recherche exploratoire aux finalités diverses (voir l'outil 31) :

  • Illustration du savoir-faire et des valeurs de la marque (ou Brand hero).

  • Intégration d'une technologie émergente (ou Techno push).

  • Évaluation de l'accueil-client avant lancement (ou Market preview).

  • Évolution du langage formel de la marque (ou Design shift).

  • Méthodologie et conseils

  • Tenir compte des aspects normatifs et autres contraintes règlementaires pendant l'étude (normes AFNOR, ISO, IEC...) afin de proposer des solutions réalistes.

  • Fabriquer des maquettes à échelle réelle au plus tôt afin de réaliser des tests validant des hypothèses de travail. L'idée est de permettre des itérations rapides et peu coûteuses orientant le choix en amont des investissements onéreux liés au temps d'étude et à la fabrication de prototypes fonctionnels.